Nouveau traitement du cancer de la prostate avancé

Ce que vous devez savoir

Des chercheurs du monde entier viennent d'annoncer une découverte très encourageante pour les personnes atteintes d'un cancer de la prostate avancé. Cette avancée a été présentée lors d'un grand congrès médical international en février 2026 — l'ASCO GU — à San Francisco, devant des milliers de médecins spécialistes.

Dans cet article, l'Association Marocaine d'Urologie vous explique en mots simples de quoi il s'agit, pourquoi c'est important, et ce que cela pourrait changer pour certains patients dans les prochaines années.

De quoi parle-t-on exactement ?

Le cancer de la prostate, quand il est détecté tôt, se traite très bien. Mais parfois, malgré les traitements habituels — opération, radiothérapie, hormonothérapie — le cancer continue d'évoluer. On parle alors de cancer de la prostate avancé résistant aux traitements hormonaux, ou en langage médical : mCRPC.

Pour ces patients, les médecins cherchent sans cesse de nouveaux traitements plus efficaces. Et justement, une nouvelle technique très prometteuse vient d'être testée chez des patients pour la toute première fois : la thérapie à l'actinium-225 PSMA-Trillium.

💡 Pour comprendre simplement : imaginez un missile guidé laser

Les traitements classiques (chimiothérapie) agissent comme un tapis de bombes :

ils détruisent les cellules cancéreuses, mais aussi beaucoup de cellules saines.

La nouvelle thérapie à l'actinium-225, c'est comme un missile guidé laser :

→  Il repère uniquement les cellules cancéreuses grâce à un « marqueur » qu'elles portent (le PSMA).

→  Il leur délivre une dose d'énergie tellement puissante que la cellule cancéreuse ne peut pas survivre.

→  Les cellules saines autour ne sont pratiquement pas touchées.

 La portée de cette « explosion » est de moins de 100 micromètres — soit 10 fois plus fine qu'un cheveu.

Qu'ont montré les médecins lors de ce grand congrès ?

Les premiers résultats chez l'homme ont été présentés par le Professeur Fred Saad, de l'Université de Montréal (Canada), l'un des plus grands experts mondiaux du cancer de la prostate. L'étude s'appelle PAnTHa. Elle a donné ce traitement à des patients dont le cancer avait déjà reçu plusieurs autres traitements sans succès — des cas parmi les plus difficiles à traiter.

Est-ce que ce traitement est dangereux ?

C'est la question que tout patient se pose — et c'est tout à fait normal.

Dans cette première étude chez l'homme, les médecins ont constaté que le traitement était bien toléré dans l'ensemble. Les effets indésirables observés étaient principalement légers à modérés :

  • Sécheresse de la bouche — l'effet secondaire le plus fréquent, car les glandes salivaires expriment aussi un peu le marqueur PSMA.

  • Des nausées légères chez certains patients.

  • Aucune toxicité salivaire grave n'a été observée dans cette étude — ce qui est une très bonne nouvelle car c'était la principale préoccupation des chercheurs.

⚠️ Ce qu'il faut retenir sur les effets secondaires

  • Comme tout traitement contre le cancer, ce médicament peut avoir des effets secondaires. Mais dans cette première étude, ils étaient globalement modérés et gérables.

  • 80 % des patients ont pu terminer l'intégralité de leurs 4 séances de traitement.

  • Cela signifie que la grande majorité des patients ont bien supporté le traitement.

Ce traitement est-il disponible au Maroc ?

Soyons transparents avec vous : non, pas encore. Ce traitement en est encore à ses premières phases de recherche clinique. Les médecins testent actuellement sa sécurité et son efficacité sur un petit nombre de patients, dans des centres très spécialisés.

Avant d'être disponible pour tous les patients, un médicament doit passer par plusieurs étapes :

1.   Phase 1 (c'est là où on en est) : Test chez un petit nombre de patients pour vérifier que c'est sans danger.

2.   Phase 2 (en cours de préparation) : Test sur plus de patients pour confirmer que ça marche vraiment.

3.   Phase 3 (à venir) : Comparaison avec les traitements existants sur des milliers de patients.

4.   Autorisation de mise sur le marché (après 2027) : Approbation par les autorités de santé pour une utilisation large.

Les chercheurs espèrent que si les prochaines phases confirment ces résultats prometteurs, le traitement pourrait être disponible dans les hôpitaux d'ici 2027-2028. L'AMU suivra cette évolution de très près pour vous tenir informés.

Ce que vous pouvez faire dès aujourd'hui

Même si ce traitement n'est pas encore accessible, cette découverte envoie un message fort d'espoir. Et en attendant, voici ce qui est important pour vous dès maintenant :

✅ Les 4 actions clés pour les patients et leurs familles

1.  Parlez de cette avancée à votre urologue lors de votre prochaine consultation.

    Il pourra vous dire si cette piste est pertinente pour votre situation personnelle.

2.  Ne modifiez jamais votre traitement actuel sans avis médical.

    Les traitements disponibles aujourd'hui restent importants et efficaces.

3.  Continuez votre suivi régulier et vos prises de sang PSA.

    La détection précoce reste la meilleure arme contre ce cancer.

Vos questions — nos réponses

❓  Qu'est-ce que le PSMA dont on parle dans cet article ?

Le PSMA est une protéine présente à la surface des cellules du cancer de la prostate. Plus le cancer est agressif, plus cette protéine est présente. C'est cette protéine que le nouveau traitement utilise comme « adresse » pour trouver et détruire les cellules cancéreuses.

❓  J'ai un cancer de la prostate localisé. Est-ce que ce traitement me concerne ?

Non, pas à ce stade. Ce traitement est étudié pour les cas avancés où le cancer résiste aux traitements hormonaux habituels. Si votre cancer est localisé, votre urologue dispose d'excellentes options thérapeutiques adaptées à votre situation.

❓  C'est quoi la différence entre ce nouveau traitement et Pluvicto que mon médecin a mentionné ?

Pluvicto (lu-177) et ce nouveau traitement (actinium-225) ciblent tous les deux le PSMA. La différence est dans le type d'énergie utilisée : Pluvicto utilise une énergie dite « bêta » qui agit sur quelques millimètres autour de la cellule, tandis que l'actinium-225 utilise une énergie « alpha » beaucoup plus puissante mais qui agit sur une zone microscopiquement petite. C'est pour cela que les chercheurs espèrent qu'il fonctionnera même chez des patients qui n'ont plus répondu à Pluvicto.

❓  Mon père a un cancer de la prostate avancé. Peut-il avoir accès à ce traitement ?

Pour l'instant, ce traitement n'est disponible que dans le cadre d'études cliniques dans des centres très spécialisés, principalement au Canada et en Europe. Si vous souhaitez vous renseigner sur des essais cliniques, parlez-en à son urologue qui pourra vous orienter.

❓  Est-ce que ce traitement est radioactif ? Est-ce dangereux pour l'entourage ?

Oui, comme tous les traitements radiopharmaceutiques, il implique une très faible radioactivité. Des précautions simples sont prises après le traitement pour protéger l'entourage, notamment éviter un contact prolongé avec les enfants et les femmes enceintes pendant quelques jours. Votre équipe médicale vous expliquera ces précautions en détail.

❓  Comment rester informé des avancées sur ce traitement ?

L'Association Marocaine d'Urologie publie régulièrement des articles sur les dernières avancées en urologie sur son site www.associationmarocainedurologie.ma. Consultez notre blog régulièrement.

📌  Note importante

Cet article a été rédigé dans un langage accessible pour informer les patients et leurs proches. Il ne remplace en aucun cas l'avis de votre médecin urologue. Si vous avez des questions sur votre situation personnelle, consultez votre spécialiste.

Pour les médecins et professionnels de santé, une version scientifique complète de cet article avec tableaux de données, références bibliographiques primaires et analyse détaillée de l'étude PAnTHa est disponible en téléchargement depuis le post sur la page Linkedin.

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